Soyez fiers, il n'y a pas de honte !!

Quelle est la différence entre les strings et nos t-shirts "Elsass" ?? Aucune, les deux sont interdits au collège de Ferrette. En effet, nous avons appris que les élèves étaient priés de ne plus se présenter au collège avec nos t-shirts "Elsass" ou "110% elsasser" sur le dos. Pire, les "dangereux" rebelles devront passer devant la principale du collège pour une séance orale d'alsacien, histoire de voir s'ils maîtrisent le dialecte (!?). Question : s'ils maîtrisent effectivement l'alsacien seront-ils autorisés à porter les t-shirts ?? Voici un bien étrange traitement de faveur réservé à nos adolescents alsaciens. Les porteurs de t-shirts Italia, Algerie, Turquie, Brasil seront-ils aussi soumis à une épreuve linguistique, et les autres par exemple au look américanoïde, style gangsta de L.A. devront ils également réciter unepetite prose en hip hop style "ziva" des banlieues ??... bien sûr que non, seuls les porteurs du t-shirts "Elsass" subissent cette discrimination.
La manoeuvre est inédite de vouloir culpabiliser et rendre indirectement responsable de la chute de l'usage de l'Elsassaerditsch les jeunes générations francisées ou maîtrisant mal l'alsacien qui représentent la majorité d'entre eux . En fait on essaye ici de faire porter le chapeau aux jeunes pour la politique d'éradication du dialecte. Culpabiliser les victimes, Il fallait y penser! Le ridicule de la situation nous amène à nous interroger sur ces pratiques débiles dans l'école de la République. Après avoir fait la chasse à plusieurs générations de locuteurs alsaciens dans les cours de récréation voilà qu'ils s'attaquent aux fils et filles, petits fils et petites filles, qui sont pour la plupart totalement francisés, en traquant les récalcitrants parce qu'ils osent arborer fièrement leur attachement à unsri Heimet, s'Elsàss sur un t-shirt. MeinGott, des Alsaciens qui s'affirment Elsasser, quel scandale, quelle honte!?
Finalement c'est une grande nouvelle et malgré le grotesque entourant cette affaire, cela démontre que même francisés les jeunes Alsaciens n'ont pas perdu leur attachement à la Heimet et nous comprenons bien que cela, après des décennies d'attaques virulentes et d'érosion de notre dialecte germanique, rend les petits soldats de l'Éducation Nationale fous de rage. Rappelons que le rectorat avait déjà refusé il y a quelques mois l'ouverture d'une section bilingue au collège de Ferrette obligeant ceux qui voulaient continuer le cursus bilingue à se rabattre sur le collège d'Altkirch. Y aurait il derrière ces brimades une volonté de faire du collège de Ferrette un exemple de normalisation forcée des jeunes Alsaciens et d'étouffer le peu d'identité qu'il leur reste encore? La coïncidence est ici frappante. Cette situation totalement grotesque et absurde éveillera peut être chez nos jeunes "rebelles" alsaciens la volonté de renouer avec leurs racines et faire revivre notre langue... ce serait un formidable bras d'honneur en direction de ceux qui veulent tuer unser Sproch, s'Elsasserditsch. Finalement on devrait presque remercier madame la principale du collège de Ferrette. N'en déplaise aux dinosaures de l'Éducation Nationale, l'Alsace et les Alsaciens sont de retour !!